L'oeil du tigre

Le blog d'un nordiste aimant les nounours et la photographie.

30 juillet 2007

La capote qui tue

Bon, aujourd’hui une ch’tite présentation d’une autre bd de Ralf König : La capote qui tue (Kondom des Grauens). Messieurs voici de quoi vous faire froid dans le dos !

CapoteQuiTueLa_22042006

 

New York, les années 80, un couple (un homme d’âge mûr et une jeune fille) descend d’un taxi pour se diriger vers un hôtel miteux. On découvrira rapidement que l’homme est en réalité le professeur de la jeune fille qui est à peine majeure. L’homme profitera du fait qu’elle a échoué à ses examens pour tenter d’abuser d’elle. Il lui promettra de rajouter quelques points en sa faveur en échange d’une partie de jambes en l’air. D’abord réticente la jeune fille finira par accepter l’échange de mauvais procédés. Cela sera fatal à son professeur. Alors qu’il prend soin d’enfiler une capote fournie par l’hôtel, l’homme se retrouve soudain séparé de façon sanglante de sa bite au grand damn de la jeune fille. La Capote qui tue a encore frappée !

La scène suivante présentera l’inspecteur Mécaroni, un « n’ours » d’origine italo-américaine, macho, se vantant de ses grosses couilles et de son membre tout aussi gros (qu’il a, pour sûr). Il s’occupera de l’enquête qui l’amènera à observer les plus « éducatives » mœurs sexuelles de la ville de New York. C’est au cours de cette enquête que notre inspecteur rencontrera le grand amour ; avec un jeune minet qui l’aidera à enquêter. Cependant cette affaire ne sera pas des plus simples à résoudre. En effet, qui croirait qu’une capote tueuse rode en liberté dans la ville ? Et l’inspecteur Mécaroni y perdra plus qu’un membre à essayer d’arrêter le morceau de latex dévoreur de pénis. Mais rassurez-vous chers lecteurs, Mécaroni survivra à la fin de l’histoire ! Ben oui, sinon il n’y aurait pas une suite…

Ecrite en 1987 et publié en 1988, cette œuvre a permis de mettre Ralf König sur le devant de la scène. Œuvre totalement atypique, déjantée, au récit parfaitement maîtrisé faisant référence aux films noirs hollywoodiens ; personne n’aurait parié sur un tel succès, pas même son auteur. Et pourtant, la bd sera déclinée en pièce de théâtre (avec des marionnettes) et même un film live en sera tiré avec Udo Samel dans le rôle principal. Une suite a été écrite à cette bd, mais cela se sera pour un autre Post.

killer_condom

 



Le Film








killercondom

La capote mangeuse de zizi.

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08 juin 2007

Lysistrata

C'est dernier temps j'ai relu ceci:
lysistrata_gl_nat

Publié aux éditions Glénat en 1992, réédité il y a peu de temps.

L'auteur est Ralf König, un dessinateur de BD pour gay (mais pas seulement...), il est allemand, vit à Köln et est trés certainement un des très grand auteur de bd européen. Il a reçu le prix du scénario au festival d'Angoulème en 2005 pour sa bd Comme des lapins qui étudie à la loupe les relations amoureuses homosexuelles et hétérosexuelles.

Lysistrata donc...

Marre ! Les femmes en ont marre de la guerre. Cette guerre qui leur enlève leur mari du matin au soir, qui les estropie (un bras ou une jambe en moins parfois la tête) et les empêche de faire la cuisine. Décidément, la guerre ce n’est pas la panacée, surtout pour les femmes de la citée. D’autant plus que cette guerre dure depuis prés de vingt ans et que ces fichus mâle athéniens n’en finissent pas de se battre contre les spartiates.

Voici le climax dans lequel nous entraîne Ralf König, le célèbre auteur de la capote qui tue et de comme des lapins (ceux qui connaissent ont de la chance pour les autres j’en parlerai bientôt sur ce blog). Evidemment, comme à son habitude, cette situation est un prétexte pour raconter un histoire mêlant féminisme, homosexualité et priapisme.

Alors que rien ne semble modifier le fonctionnement guerrier de la citée voilà que Lysistrata convoque les femmes de son quartier pour leur proposer un plan qui devrait les amener vers la paix. Avec la complicité des femmes spartiates l’ensemble du corps féminin de la cité va, dans un premier temps, « squatter » l’acropole et, dans un second temps, se refuser à leur mari.

lysistrata_1

Le plan sera soutenu par le slogan Femme on fight ! En quelques heures le plan est mis à exécution et voilà que dès le lendemain les hommes, athéniens et spartiates, sont pris de priapisme ; ce qui se révèle particulièrement gênant pour combattre. Chose intéressante ces hétérosexuels de base ne semble pas connaître les joies libératrice de la branlette…

Pendant ce temps, Miévros, Boulettos et Hépatitos, des homosexuels notoires de la citée grecque, pacifistes comme il se doit, se désespèrent de voir tout ces fringants jeunes hommes se faire massacrer au combat. Cependant leur situation, guère avantageuse, risque fort de changer grâce à l’action de Lysistrata (ai-je précisé qu’elle était elle-même lesbienne et qu’elle avait de fortes accointances avec quelques lesbiennes spartiates ?)

lysistrata_2

La force du récit de Ralf König est d’aller détourner radicalement l’œuvre originale d’Aristophane pour en faire un pur délire gay. Il ose ainsi mettre en image les effets du sevrage sexuel des hommes, les transformant en une armée entière d’hommes en érection, devenant complètement givrés, inaptes au combat et devant gérer enfants, ménage et cuisine. L’auteur profite ainsi de la situation mise en place par Lysistrata pour se jouer de ces pauvres hommes transformé en bandards fous (cf. Moëbius pour comprendre) qui connaîtront les joies de l’homosexualité coercitive ; à la grande joie de nos amis gays de la cité. Ceux-ci s’empresseront d’ailleurs de prendre la place des femmes mettant à mal le plan de Lysistrata.

lysistrata_3

 

Comme d’habitude chez Ralf König le récit est incroyablement maîtrisé et les gags foisonnent. Il se permet nombre de critique sur la condition de la femme dans une société pas si différente de la notre. Il les montre comme des victimes du machisme. Pire, il les présente comme des victimes consentantes de ce machisme : Finalement la paix sera signée et les femmes rejoindront docilement leurs maris sous le regard médusée de Lysistrata qui espérait bien développer une révolution tant sexuelle que sociale. Ce qui nous ramène à notre société où les choses ne sont pas si différentes. J’ai connue une jeune femme, plutôt jolie, intelligente et surtout qui avait sa propre affaire. Le hic, c’est qu’elle ne trouvait pas d’homme qui assume de vivre avec quelqu’un de plus qualifié que lui. Alors grossièrement, lors de ses rencards elle se faisait passer pour plus conne qu’elle n’était, elle affichait la blonde attitude comme elle disait. Ce monde a vraiment un problème…

 

Posté par tigrounord à 19:23 - De la Bande Dessinée - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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