L'oeil du tigre

Le blog d'un nordiste aimant les nounours et la photographie.

08 mars 2008

Be kind!

Dernière aventure cinématographique...

Retour au Majestic et sa population de Bobo.

Bon, on dira ce qu'on veut, mais un cinéma où la caissière vous accueille avec un sourire et un p'tite plaisanterie, où le videur ne donne pas l'impression de sortir de prison et où les spectateurs sont des êtres humains civilisés, c'est quand même bien agréable ^^. Cette fois-ci, pas de hurlement ou de téléphone tonitruant, ni de Con ou Connard venus au cinéma comme ils seraient venus au bistrot du coin, c'est à dire déjà grossièrement bourrée, et encore moins de jets de popcorn, de gobelets de soda voire de membres  humains.

Donc nous sommes allés voir Soyez Sympa, Rembobinez! (Be Kind, Rewind). C'est le dernier film de Michel Gondry, réalisateur de Human Nature, Eternal Sunshine of the Spotless Mind et de la Sciences des Rêves. Je tairai tout le bien que je pense de ses précédents films, je préciserai simplement qu'Eternal Sunshine fait partie de mes films préférés (la scène finale me fait toujours chialer ^^). Qu'en est-il de son dernier film?

D'abord petit coup d'œil sur l'affiche du film:

be_kind_rewind

Sympathique n'est-ce pas? Tout en collage, bricolage et astuce. Et bien le nouveau film de Gondry est à l'image de cette affiche: une sorte de collage, bricolage insensé qui offre la meilleure comédie de ce début d'année (non, je n'ai pas encore vu Bienvenue chez les Ch'tit!)

C'est l'histoire de Fat Wallers qui a grandi à Paissac, qui fut l'un des plus grand Jazzman du monde et qui a grandi dans une petite maison où l'on peut maintenant trouver un vidéo club. Non, attendez, c'est plutôt l'histoire d'un type qui devient magnétique et qui efface toute les cassettes vidéo du vidéo club de son meilleur copain. C'est aussi un film sur une ville pas très riche située non loin de New-York où les gens décident de s'approprier leur Histoire comme bon leur semble. Vous n'y avez rien compris? C'est pas grave, ça met en évidence la profonde richesse du film. Car du fond, il y en a dans ce film: partant d'un climax comique, le copain magnétique qui met à mal le vidéo club de son pote, on dérive doucement sur ce qui fait la nature même du cinéma. En effet, les deux amis n'ont pas d'autre idée que d'aller tourner à leur façon les grand classique du cinéma populaire. Ils inventent un nouveau terme pour ce format de film, Sueded ("qui vient de Suède, donc de loin et qui est fait main" dixit l'un des personnages), et s'attaquent à des monuments de la culture populaire comme Ghostbuster, Robocop ou encore 2001 l'odyssée de l'espace. Les films sont fait sans moyen, à l'arrache, en quelques heures chrono avec les même acteurs. Là où les choses deviennent intéressantes c'est quand les gens du quartier commencent à demander de plus en plus de ces films Sueded. Pour faire face à la demande les deux amis, secondés par une jeune femme, recrutée lors de tournage de la version Sueded de Rush Hour, n'ont pas de meilleure idée que de proposer aux personnes venus louer un film de participer au film lui-même. Et là se pose deux idées fondamentales du film. La première c'est que pour faire du cinéma il n'y a pas besoin de grands moyens, juste beaucoup d'astuce, de la débrouillardise et surtout une Foi aveugle. Un peu comme lorsque Steven Spielberg a décidé un jour de tourner un film avec un requin mécanique qui ne fonctionnait pas...

La seconde idée c'est la façon dont les gens  s'approprient leur Histoire et la façon dont ils s'approprient les éléments de leur culture populaire. Les films leur appartiennent sur le plan culturel et ils ne se sentent à aucun moment gêné par le fait de les réinterpréter. Une scène clé du film est celle où les avocats de grands studios de cinéma viennent pour détruire les cassettes des films Sueded, car eux se considèrent comme propriétaires des œuvres fixées sur les cassettes, œuvres qui au final n'ont que le titre en rapport avec le film "piraté". Au final, toute la petite ville va se regrouper autour d'une idée, celle de filmer la vie de Fat Wallers, dont nombres de scènes jalonnent le film. Sauf que... Fat Wallers n'a jamais vécu dans la petite maison où se trouve le vidéo club et qu'une partie de l'histoire est un mensonge. Mais la population n'en a pas grand chose à faire: si Fat Wallers n'a pas vécu ici, tant pis, inventons lui une vie fictive. Ainsi chaque habitant de la ville va  participer à broder la vie imaginaire d'une célébrité et la mettre en image. L'un des personnages dira "c'est notre histoire, on en fait ce qu'on en veut!"

Gondry cherche à montrer de quelle façon nous prenons possession de notre culture. Il dénonce aussi l'hypocrisie des studios qui, à grand renfort de matraquage publicitaire, nous ont forcé à ingérer cette culture populaire et qui, pourtant, continuent à la considérer comme la leur. Attaquer des gens, à qui on a forcé à bouffer des concepts culturels, parce qu'ils réinterprètent ces éléments qui sont maintenant devenus leur culture, c'est comme si Walt Disney avait attaqué Keith Harring parce qu'il avait repris l'image de Mickey dans l'une de ses peintures, comme si Marilyn Monroe avait amené Andy Warhol en justice pour avoir utilisé son image ou comme si quelques dessinateurs avaient dit à Roy Lichtenstein de brûler ses tableaux parce qu'ils reprenaient des images de comics. Mais d'aucun diront qu'il faut encore que les œuvres refaites aient une portée artistique. Bon, si une œuvre qui a nécessité une travail de réflexion suscite une émotion (plaisir, dégoût, etc) auprès d'une majorité de personne, on peut considérer qu'il s'agit là d'œuvre d'art (oui, c'est du populisme aussi, je sais ^^).

Enfin, au delà de ces considérations artistiques, rassurez vous, le film est bien fun, les acteurs absolument dans le coup et vous passerez un très bon moment de cinéma.

Sans oublier que l'on retrouve l'onirisme et la poésie de Gondry. Et ça c'est vraiment du grand art.


Sinon, le site internet du film propose les version Sueded des films vus dans le film. Mais aussi des film Sueded faits par des spectateurs. C'est très sympa et ça vous permettra d'avoir You tube version Sueded.

http://www.bekindmovie.com/youtube.html


Amusez-vous Bien ^^

Posté par tigrounord à 09:31 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


02 mars 2008

Du cinéma...

Vu hier, après une bonne carbonnade flamande:


JumperG




Bien, les faits relatés à partir d'ici ne sont que pur fantasme de l'auteur de ce blog...


20h10: évidemment on est en retard. Les bandes annonces ont certainement déjà commencées... Heureusement, nous nous frayons rapidement un chemin dans la foule hétéroclite du cinéma UGC; J. le cub qui nous accompagne, nouveau pote rencontré dans la soirée, exploite à merveille son mètre 95 pour écarter de son chemin tout obstacle pouvant nous ralentir. Pour ma part je me contente de courir dans son sillage, sautant de temps à autre au-dessus des corps sans vie des pauvres êtres qui ne se sont pas écarté à temps de notre fatal chevauchée.

20h13: nous arrivons au contrôle des tickets. Nous les montrons aux armoires à glace en place puis nous engageons dans l'allée menant à la salle où est projeté notre film.

20h15: Nous sommes enfin installé. Les bandes annonces ont déjà commencé. Tandis qu'une pub pour une nouvelle voiture à la mode passe à l'écran un groupe de nanas débat de problèmes existentiels: Oui, le port du string sera encore effectif cette année...

20h17: Deux mecs viennent s'installer non loin de nous. Ils squattent mon champ visuel avant gauche et le perturbent de leurs gesticulations. Ils semblent enfin se calmer un instant ou deux après.

20h20: le film commence.

20h35: cela fait déjà 10 minutes que les mecs ont commencé à reprendre leurs gesticulations. L'un s'est retourné vers l'autre. Ils commencent une conversation hautement philosophique (j'imagine que ce devait être au moins de cette teneur. Ils n'auraient tout de même pas osé perturber la projection du film pour un sujet sans importance). Malheureusement, le reste de la salle ne peut suivre leur débat passionné: en effet, le réalisateur du film projeté ce soir a eu l'idée de mettre des dialogues, et même de la musique coupant régulièrement les échanges des deux connards en face de nous. J'ai dis connards? Oups...

20h45: la scène de coucherie traditionnel de tout bon film d'action pour adolescent (a y est! J'ai compris pourquoi ce film me bloque un peu) arrive enfin. Les mâles hétéro-beaufs de la salle se mettent à gueuler, grogner (braire?), pour montrer leur contentement de voir une nana en sous vêtements à l'écran. Quelques ados sont à deux doigts d'éjaculer dans leur futal. Pour la centième fois ce jour là, je me dis que je me suis trompé de pays... Les deux cons sont bien évidemment de la partie.

21h10: Con et Connard sont sortis et revenus trois fois dans la salle de projection après que leurs téléphones aient sonné et qu'ils y aient, bien entendu, répondu. Certains spectateurs semblent montrer quelques signes de mécontentement à mes cotés.

21h30: la conversation philosophique s'est muée depuis longtemps en gueulement régulier. Les gens autour de moi s'énervent de plus en plus. Le film nous gave pas mal, de plus, Con et Connard nous gavent encore plus.

21h35: Con gueule, Connard lui répond. Grognement derrière moi. Je me retourne, vois des visages exaspérés. D'un signe de tête nous nous mettons d'accord. Une dizaine de personnes se lèvent d'un seul homme. Nous nous dirigeons vers Con et Connard. Je tape sur l'épaule de Con. Je souris.

21h45: Une foule en colère remonte en hurlant, bavant, rageant, la rue de Béthune. De la nuée de gens, on peut voir se balancer deux pics en bois au bout desquels les têtes de Con et Connard affichent un air surpris.

22h: la foule s'empare de la gare Lille Flandres. Les premiers trains en directions de Paris sont sur le départ. On peut voir, accrochées à l'avant de la motrice du premier TGV, les têtes de Con et Connard toujours aussi surpris.

23h02: les gens débarquent Gare du Nord et se dirige vers l'Élysée.

23h30: la foule draine de plus en plus de monde (De l'avantage de vivre dans un pays de Gnous). 1 millions de personnes en colère arrivent devant les grilles de l'Élysée.

17h: heure à laquelle j'écris ces lignes. Je regarde Paris assis sur l'un des parapets de Montmartre. Des colonnes de fumée s'élèvent ici et là. Il y a quelques heures, j'ai vu des têtes gouvernementales finirent en haut de longues perches de bois plantées devant les grilles d'un grand palais. La république vient de se casser la gueule... Tiens, une nuée d'oies passent juste au-dessus de moi. Le printemps est de retour. :)



Bref, tout ça pour dire que je ne remettrait plus les pieds dans le cinéma UGC de Lille un samedi soir. C'est peuplé de connards, les films sont chiants et, en plus, ça me donne des envies de Révolution.




Oh, sinon... Ravi d'avoir fait ta connaissance très cher Julien ^^

Posté par tigrounord à 18:11 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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