02 mars 2008
Du cinéma...
Vu hier, après une bonne carbonnade flamande:
Bien, les faits relatés à partir d'ici ne sont que pur fantasme de l'auteur de ce blog...
20h10: évidemment on est en retard. Les bandes annonces ont certainement déjà commencées... Heureusement, nous nous frayons rapidement un chemin dans la foule hétéroclite du cinéma UGC; J. le cub qui nous accompagne, nouveau pote rencontré dans la soirée, exploite à merveille son mètre 95 pour écarter de son chemin tout obstacle pouvant nous ralentir. Pour ma part je me contente de courir dans son sillage, sautant de temps à autre au-dessus des corps sans vie des pauvres êtres qui ne se sont pas écarté à temps de notre fatal chevauchée.
20h13: nous arrivons au contrôle des tickets. Nous les montrons aux armoires à glace en place puis nous engageons dans l'allée menant à la salle où est projeté notre film.
20h15: Nous sommes enfin installé. Les bandes annonces ont déjà commencé. Tandis qu'une pub pour une nouvelle voiture à la mode passe à l'écran un groupe de nanas débat de problèmes existentiels: Oui, le port du string sera encore effectif cette année...
20h17: Deux mecs viennent s'installer non loin de nous. Ils squattent mon champ visuel avant gauche et le perturbent de leurs gesticulations. Ils semblent enfin se calmer un instant ou deux après.
20h20: le film commence.
20h35: cela fait déjà 10 minutes que les mecs ont commencé à reprendre leurs gesticulations. L'un s'est retourné vers l'autre. Ils commencent une conversation hautement philosophique (j'imagine que ce devait être au moins de cette teneur. Ils n'auraient tout de même pas osé perturber la projection du film pour un sujet sans importance). Malheureusement, le reste de la salle ne peut suivre leur débat passionné: en effet, le réalisateur du film projeté ce soir a eu l'idée de mettre des dialogues, et même de la musique coupant régulièrement les échanges des deux connards en face de nous. J'ai dis connards? Oups...
20h45: la scène de coucherie traditionnel de tout bon film d'action pour adolescent (a y est! J'ai compris pourquoi ce film me bloque un peu) arrive enfin. Les mâles hétéro-beaufs de la salle se mettent à gueuler, grogner (braire?), pour montrer leur contentement de voir une nana en sous vêtements à l'écran. Quelques ados sont à deux doigts d'éjaculer dans leur futal. Pour la centième fois ce jour là, je me dis que je me suis trompé de pays... Les deux cons sont bien évidemment de la partie.
21h10: Con et Connard sont sortis et revenus trois fois dans la salle de projection après que leurs téléphones aient sonné et qu'ils y aient, bien entendu, répondu. Certains spectateurs semblent montrer quelques signes de mécontentement à mes cotés.
21h30: la conversation philosophique s'est muée depuis longtemps en gueulement régulier. Les gens autour de moi s'énervent de plus en plus. Le film nous gave pas mal, de plus, Con et Connard nous gavent encore plus.
21h35: Con gueule, Connard lui répond. Grognement derrière moi. Je me retourne, vois des visages exaspérés. D'un signe de tête nous nous mettons d'accord. Une dizaine de personnes se lèvent d'un seul homme. Nous nous dirigeons vers Con et Connard. Je tape sur l'épaule de Con. Je souris.
21h45: Une foule en colère remonte en hurlant, bavant, rageant, la rue de Béthune. De la nuée de gens, on peut voir se balancer deux pics en bois au bout desquels les têtes de Con et Connard affichent un air surpris.
22h: la foule s'empare de la gare Lille Flandres. Les premiers trains en directions de Paris sont sur le départ. On peut voir, accrochées à l'avant de la motrice du premier TGV, les têtes de Con et Connard toujours aussi surpris.
23h02: les gens débarquent Gare du Nord et se dirige vers l'Élysée.
23h30: la foule draine de plus en plus de monde (De l'avantage de vivre dans un pays de Gnous). 1 millions de personnes en colère arrivent devant les grilles de l'Élysée.
17h: heure à laquelle j'écris ces lignes. Je regarde Paris assis sur l'un des parapets de Montmartre. Des colonnes de fumée s'élèvent ici et là. Il y a quelques heures, j'ai vu des têtes gouvernementales finirent en haut de longues perches de bois plantées devant les grilles d'un grand palais. La république vient de se casser la gueule... Tiens, une nuée d'oies passent juste au-dessus de moi. Le printemps est de retour. :)
Bref, tout ça pour dire que je ne remettrait plus les pieds dans le cinéma UGC de Lille un samedi soir. C'est peuplé de connards, les films sont chiants et, en plus, ça me donne des envies de Révolution.
Oh, sinon... Ravi d'avoir fait ta connaissance très cher Julien ^^
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