12 février 2008
Encore du ciné...
Okidoki, autre film vu récemment...
Encore une histoire de vengeance... Cette fois on a droit au gentil barbier qui est envoyé 107 ans en prison et dont la femme et l'enfant ont été enlevés par un vilain juge. Le barbier revient, super en colère, et décide de se venger de cette bourgeoisie londonienne pourrie qui lui a enlevé tout espoir de bonheur. Arrivé à son ancienne échoppe, il tombe sur une faiseuse de quiche plutôt godiche qui va l'aider à se venger.
Sweeney Todd est un film d'horreur musical. Il faut comprendre par là que ça chante, saigne et hurle à tout va. Ce film est plutôt bon mais n'est pas exempt de défauts. En soit, ce n'est pas la faute aux acteurs qui sont particulièrement exceptionnels, notamment Helena Bonham Carter en boulangère désespérée, faiseuse de quiche sans viande. Même Johnny Depp campe un barbier assassin des plus convainquant. Las, le film déçoit par deux aspects.
Le premier aspect a poser problème c'est la réalisation. Ce film est très certainement le plus beau Tim Burton qui soit. Il réunit la synthèse parfaite de tout l'univers burtonien depuis ses débuts. Le gothique y est parfait, le noir et blanc maîtrisé et la réalisation ingénieuse. Sauf que c'est encore un fichu Burton en mode gothique et qu'après avoir vu tous ses films précédents (les Batman, Edward aux mains d'argent, Sleepy Hollow, etc), il n'y a plus rien de surprenant. Comme je le disais à l'instant, ce film constitue une synthèse de son univers gothique. On retrouve des morceaux de chacun de ses films précédents à tel point qu'on finit par visiter cet univers non plus avec ce sentiment de découverte des débuts mais plus comme de vieux habitués. Bref, cet univers ne réserve plus de surprise. Burton gagnerait à fouiller des univers plus proche de celui de Big Fish, pas si éloigné du sien mais suffisamment différent pour donner à nouveau un sentiment de découverte.
L'autre aspect problématique du film est sa musique. Sweeney Todd est un film musical; les chansons y sont sympathiques, bien intégrées à l'histoire. Tout ça dans un univers gothique et avec une musique tout droit sortie de... Broadway... Et là, le décalage avec le film devient vraiment violent. Les images magnifiques de Tim Burton dénotent absolument avec cette musique médiocre sortie de la comédie musicale originale. Le film aurait gagné à voir ses chansons réorchestrées, soit de façon à convenir à l'ambiance véhiculée par les images; soit en créant un décalage plus important, style opéra rock, afin de dynamiser l'ensemble.
En définitive, le film n'est pas raté, loin de là, mais il ne restera pas dans les mémoires.
06 février 2008
Grmph!
Bon, suite à un pari stupide que j'ai perdu, j'ai promis de mettre cela sur le blog...
"MOI JEF ai été battu par Olivier"
J'ai honte...
04 février 2008
Derniers films (suite)
Autre film vu ces dernières semaines :
De Valeria Bruni Tedeschi. L'histoire de Marcelline, actrice hantée par son rôle de Nathalia Petrovna qui se retrouve en pleine crise de la quarantaine. Son horloge biologique tout comme son gynécologue lui rappelle qu'il est grand temps de concevoir s'il elle veut un enfant. Le problème c'est qu'elle n'arrive pas à se comporter autrement que comme une enfant gâtée et sa quête d'amour risque d'être des plus ardue.
J'étais parti confiant pour aller voir ce film. Tout avait bien commencé. Mon mari et moi-même étions d'accord sur le film à voir, la bande annonce annonçait un film comique prometteur et même les acteurs semblaient donner envie de voir le film. Las, le film fut quelque peu décevant. Qu'on soit bien d'accord, le film est bon, dans son genre. Les acteurs jouent bien, la réalisation est au poil et même l'histoire est menée sans trop de temps mort (quelques longueurs parfois mais ce sont des moments contemplatifs qui servent l'histoire, voir critique précédente pour comprendre).
Ce qui n'a pas était c'est :
1) Le film est vendu comme une réelle comédie, or on a droit à un film a tendance tragi-comique. Avec de réel moment dramatique. Et en fait, on rit très peu dans ce film. Je ne vais pas trop la ramener mais lorsqu'il fait une bande annonce le réalisateurs pourrait avoir la bonté d'y mettre en avant l'ambiance réelle du film. J'ai déjà eu droit à ce genre de phénomène avec le film Monsieur Schmidt (film avec Jack Nicholson) qui était vendu comme s'il s'agissait de la comédie de l'année et qui est en fait un film dramatique d'une noirceur profonde, dépressif. J'ai mis une semaine à me sortir de l'état d'angoisse dans lequel ce film m'avait mis. Dès lors, j'ai détesté Alexander Payne, le réalisateur, et ai maudit sa famille sur 10 générations. Son crâne servira de seau à des belettes habillées en pom-pom girl lorsqu'il ira en enfer (c'est du Warren Ellis). Bon pour le cas du film Actrice la situation n'est pas si critique (bien au contraire) c'est juste que je n'aime pas qu'on me mente sur la marchandise.
2) L'héroïne est très sympa mais bon sang on a envie de lui coller des baffes. Son coté gamine de dix ans évaporée qui découvre qu'elle vieillit et qui recherche l'amour à tout prix, et par la même occasion un géniteur, est vraiment insupportable. le film aurait peut-être gagné à la rendre moins pénible. Mais ça reste là un choix artistique vis à vis du personnage donc je ne vais pas trop critiquer cet aspect.
3) Le souci majeur de ce film c'est que c'est un film français... D'une part le film se passe forcément à Paris (qui doit être aux yeux du reste du monde la seule et unique ville de France). Or, vu le nombre de scène en extérieur, ce film a du compter une somme d'argent astronomique pour des effets de climax qui aurait tout autant fonctionnés dans d'autre ville. Et merde (oui Madame, je me permet parfois d'être vulgos), Lille pourrait vraiment faire un bon cadre cinématographique (pour peu qu'on se libère du misérabilisme comme on peut le retrouver dans La Vie Rêvée des Anges). Qui dit film français, dit film où il se passe beaucoup de chose pour... pas grand chose. En définitive on voit une nana gigoter dans tout les sens pendant 1h30 pour finalement s'apercevoir qu'à la fin rien n'a changé pour elle (si ce n'est que ses cours de natation lui servent finalement à quelques choses, comprendrons ceux qui verront le film ^^). J'aime quand même quand un film pose une situation A et que toute l'action du film mène vers la situation B. Qu'au moins il y ait une avancée scénaristique. Même les films contemplatifs (j'y reviens) présentent ce type d'avancée; à la fin du film le héros s'est échappé de la situation A pour être dans la B, qui peut être pire que la précédente, certes, mais au moins il y a évolution. Or, dans Actrice, ce n'est pas le cas. L'héroïne n'apprend rien, n'évolue pas, elle devient juste un petit peu plus dingue et donc insupportable.
En définitive le film se tient, même si certain aspect font qu'on se retrouve à la limite de l'ennuie à certain moment tellement on en a rien à fiche de l'héroïne. Qu'on lui colle une paire baffes, qu'elle prenne sur elle et qu'elle ne nous fasse plus chier!
Bon, l'année 2008 ne commence pas très bien sur le plan cinématographique.
:(
La suite portera sur le dernier Burton.
03 février 2008
Derniers films
Un p'tit récapitulatif des derniers films vus ces dernières semaines.
On commence avec:
L'histoire d'un fermier, marié, 10
enfants (environ, j'ai arrêté de compter au bout du sixième...), qui se
retrouve à tomber amoureux d'une autre femme. Sauf que sa religion n'est pas
cool avec ce concept et qu'il en souffre. D'autant qu'il a eu la bonne
idée d'informer sa femme qui, du fait, souffre elle aussi de la situation. Et comme la notion
de divorce les mènerait au châtiment divin, les voilà lancé dans un gros trip
"souffrons ensemble c'est tellement plus sympa". Merde, je m'étais
juré de rester objectif au moins pour le résumé du film...
Bon... là, j'suis très embêté. D'une part, parce que je ne peux contester les
qualités artistiques de ce film : l'image est magnifique et les cadrages très
réussis. D'autre part, c'était au tour de mon homme de choisir le film, cette
fois là, et je ne voudrai pas le heurter plus que nécessaire. Parce qu'il faut
quand même avouer que ce film est une bouse de taille XXL. Le réalisateur est
un fichu malin; il a réussi à le vendre à tout un tas de grands festivals comme une nouvelle expérience filmique.
En quoi ce film est mauvais ? Hum... Argumentons :
1) Les acteurs ne sont pas des professionnels. Je sais, ce n'est pas sensé
poser un problème. Les frères Dardennes ont déjà réalisé des films avec des non
professionnels et il en est sorti d'excellents films (L'Enfant, Le Fils...).
Sauf qu'à la différence des frangins, Carlos Reygadas, le réalisateur de
Lumière Silencieuse, n'est pas un bon directeur d'acteur. Comment décrire un
jeu d'acteur où aucune émotion ne passe, si ce n'est contrainte et forcée. Y a
une profonde gêne à voir un mec se forcer à pleurer ne provoquant pas plus de
sentiment chez le spectateur que la vue d'un hérisson écrasé sur le bord d'une
autoroute (si c'est le cas, vous êtes un hypersensible et donc absolument pas
prêt à vivre dans ce monde si cruel). Le reste du temps les acteurs se révèlent
inexpressifs, ternes, morts...
2) La musique. Ou plutôt son absence totale. Elle est remplacée par une approche ultra réaliste du son. Tout est audible : La marche dans les graviers, la neige, la boue. On entend chaque respiration, chaque souffle, on entend même la barbe du héros pousser. Et tout ça à fond. Imaginez un instant : la bande son du film c'est, grosso modo, un type qui bouffe du pop corn directement dans votre oreille. Insupportable !
3) J'ai un gros problème dans la vie : j'ai un gros, très gros, mais alors un vraiment gros besoin de rythme pour fonctionner correstement. Par exemple je hais profondément la pop. L'écouter me donne l'impression que quelqu'un me plante un couteau dans le ventre et s'amuse à tourner lentement jusqu'à la nausée. Je suis un enfant du rock, s'il n'y a pas au minimum quelques guitares électriques et des variations de rythme toute les minutes dans un morceau, je m'ennuie. Enfin, j'apprécie tout de même d'autre style de musique (Classique, Jazz, Chanson à texte, etc), mais pô la pop. C'est comme la soupe; si Dieu avait voulu qu'on réduise les légumes à l'état de chiasse verdâtre pour les consommer, il aurait fait des arbres à mixeur. Et bien la pop c'est tout pareil, c'est l'essence même de la musique passée au mixeur pour la rendre inepte, sirupeuse, fade. De la soupe. Quel rapport avec le film me demanderez-vous ? (Oui, je sais, je m'écarte parfois des sujets de fond ^^). Je vous répondrai : Tout ! Ce film est chiant ! Comme de la pop. Il ne se passe rien. Tout est filmé sous forme de plan fixe, à l'image magnifique certes, mais d'un longueur et d'une chiantitude (c'est un Ségolénisme, vous inquiétez pas) pas possible. Un exemple simple : le tracteur de la p'tite famille est en panne. Le papa part chercher une pièce neuve au garage d'à côté (situé certainement à une centaine de kilomètres, vu le trou perdu où se passe l'action...) et bien le réalisateur n'à pas de meilleure idée que de filmer tout le trajet. Ensuite, autre plan : trois hommes portent la pièce de tracteur dans la voiture du papa. La caméra est située à 200 mètres de la scène afin d'avoir un plan ultra large; les acteurs ressemblent à des insectes. La scène dure cinq minutes où l'on voit trois péquenots peiner pour porter cette fichu pièce de moteur, se traînant de la partie gauche de l'écran (où se trouve le garage) vers la partie droite (où se trouve la voiture). J'en suis arrivé à un stade où mon esprit s'est mis à divaguer, réécrivant les scènes pour qu'il se passe enfin quelques choses : Les hommes portent la pièce de moteur et au moment où ils arrivent à la voiture un météorite s'écrase sur eux et met fin au film, une parabole sur le châtiment divin... (l'avait foutre de tromper sa femme, l'enfoiré). La scène où toute la p'tite famille va se baigner: j'en suis arrivé à prier pour qu'un des gosses se noie, qu'il y ai au moins un drame, quelque chose d'émotionnel, mais non, il ne se passe rien! Rien!!!
4) Pour la deuxième fois de ma vie je suis parti avant la fin. La première fois, c'était quand mon frère et moi sommes allés voir le film tout pourri de Nagui. Cette fois là nous sommes restés 5 minutes chrono devant cette bouse. Je tiens à préciser que c'était une erreur de notre part, nous ne voulions pas voir ce film, c'est simplement que la même semaine le cinéma à salle unique de Jeumont passait les "ailes de l'enfer", et nous nous sommes planté dans la programmation. Pour lumière silencieuse nous avons tenu 45 minutes. J'ai perdu 45 minutes de ma vie, fait chier !
5) Mon homme m'a tout de même dit que le film était intéressant et que c'est juste que je n'aime pas les films contemplatifs. J'ai failli acquiescer quand je me suis souvenu que j'avais beaucoup aimé d'autres films considérés comme contemplatifs. A commencer par le Festin de Babette (un chef-d'oeuvre), Bagdad Café, les films des frèrots précédemment cités, etc. C'est juste qu'un film contemplatif s'intéresse la plupart du temps à des personnages représentatifs de l'humanité. Et le film est contemplatif car il s'agit d'un arrêt sur image d'un instant critique dans la vie du héros. On prend sont temps pour analyser l'Instant : chaque détail, chaque regard, chaque respiration est un prétexte pour dévoiler la fragilité et la force des personnages. La beauté qui ressort d'un film contemplatif tient à cela. Mais dans Lumière Silencieuse il n'y a rien de cela. Aucune réflexion, ou constat, ni même de beauté d'ailleurs (si ce n'est l'image). Un film gâché en somme.
Pour conclure, il paraît que la fin est très sympa (mystique). Mais si pour la voir il faut subir un film aussi peu inspiré, je préfère m'en passer. En tout cas, il est hors de question que je perde encore un seul instant de ma vie pour ce film !

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